Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) : Synthèse
Par Aissatou Thioubou, Agora 21  
 
 

Introduction

Afin de rendre le NEPAD encore plus accessible à l'ensemble des internautes, nous proposons ci-dessous l'économie en dix pages du document original, qui lui-même fait 67 pages. Cela permettra à tout le monde d'avoir une idée sur les thèmes abordés par le NEPAD et de contribuer au débat que nous ouvrons sur notre site.

Le résumé, pour des raisons liées à la compréhension globale du document, restitue fidèlement le plan de présentation du document original. Ce dernier est subdivisé en quatre grandes parties.

La première partie intitulée " l'Afrique dans le monde d'aujourd’hui : entre pauvreté et prospérité " fait état des nombreux trésors qui font la fierté du continent, à savoir son potentiel naturel et minier, ses forêts luxuriantes qui enrichissent le patrimoine écologique mondial, ses nombreux sites archéologiques et paléontologiques qui témoignent du riche passé du continent et enfin sa grande diversité culturelle.

En seconde partie, une analyse chronologique du continent retrace les grandes étapes qui ont marqué son processus d'évolution économique et socio-culturelle, depuis l'esclavage jusqu'aux programmes d'ajustement structurel, en passant par la colonisation. C'est à partir de ce constat que les leaders africains tirent toute la légitimité de se pencher sur des solutions appropriées et adoptées de manière concertée, et que le NEPAD expose. Outre leur engagement sans faille à tout mettre en œuvre pour que la réussite du NEPAD soit une réalité, ils lancent un appel à tous les africains à soutenir leurs efforts pour que les résultats visés soient à la mesure de leurs ambitions.

La seconde partie est consacrée à la présentation de la stratégie africaine en matière de développement durable. Elle comprend quatre sous-chapitres traitant respectivement des conditions requises pour réaliser le développement durable, des priorités identifiées en fonction de secteurs clés du développement durable, de la mobilisation des ressources pour le financer et enfin des bases d'un partenariat entre l'Afrique et le reste du monde.

La troisième partie enfin rappelle quelques stratégies de mise en oeuvre du NEPAD, grâce à des projets.

>>LIENS :

Le document original du NEPAD et le MAP
Le Plan Omega pour l'Afrique

L'Afrique dans le monde d'aujourd'hui

Le NEPAD commence par replacer en préambule la situation de l'Afrique dans le contexte international. S'appuyant sur la position officielle des dirigeants africains lors des rencontres continentales telles le Sommet de l'OUA qui s'est tenu à Lomé le 9 juillet 2000 et le Sommet France-Afrique qui s'est tenu à Yaoundé du 17 au 19 janvier 2001, il réitère le refus des pays africains à ne pas être en marge de la mondialisation.

L'Afrique est aujourd'hui marquée par la grande pauvreté et la paupérisation de ses habitants. Selon les statistiques avancées, ils sont plus de 340 Millions à disposer de moins d'un dollar par jour. L'Afrique est également le continent où le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans (140 pour mille) est les plus élevés et l'espérance de vie à la naissance (54 ans) la plus faible. Ajouté au fait que l'accès à l'eau potable est limité à seulement 58 % de la population, que 18 personnes sur 1 000 ont accès au téléphone, et que seuls 41 % ont le privilège de bénéficier de l'alphabétisation, l'on comprend aisément l'urgence de prendre des mesures pour inverser ces tendances : "le NEPAD exige le revirement de cette situation anormale en changeant les relations qui la soutiennent. Les Africains ne demandent ni une perpétuation de la dépendance par le biais de l'aide, ni des concessions marginales" (NEPAD, page 1).

Le constat est également fait par ces derniers que l'aide au développement devrait augmenter compte tenu du niveau de croissance actuel des pays riches. Néanmoins, l'Afrique est consciente que le développement ne se fera que lorsque ses fils auront pris en main leur propre destin. C'est dans cet ordre d'idées que le NEPAD doit être replacé, vu qu'il propose un certain nombre de voies de sortie de crise autres que l'aide au développement. Selon l'auteur du plan Omega, en l'occurrence le Président Wade, " la situation de l'Afrique est la preuve de l'échec de la logique du crédit et celle de l'aide. Il s'en suit que l'humanité doit trouver autre chose par l'imagination et la volonté politique ". (plan Omega, page 7).

Programme d'action : stratégie africaine pour assurer un développement durable au 21ème siècle

Le programme d'action élaboré par les dirigeants africains repose sur les besoins actuels du continent et réfléchit sur les méthodologies à mettre en application pour promouvoir le développement durable. Ce plan d'action définit également les rôles de chacune des parties concernées : des africains eux-mêmes, des bailleurs de fonds et de la coopération multilatérale. Avant cela, le document se penche sur un certain nombre de thèmes transversaux, et ouvre des réflexions sur les préalables d'un développement durable.

Les conditions requises pour réaliser le développement durable

Ce chapitre insiste sur des fondements du développement durable sur le continent, fondements sans lesquels il sera impossible d'arriver à des résultats probants. Par voie de conséquence, ils requièrent une attention toute particulière. Parmi ces fondements, on peut citer :

  • La paix et la sécurité sur le continent : les guerres et conflits ont contribué largement à affaiblir le continent dans ses tentatives de décollage. En plus des nombreuses pertes humaines, les conflits sont à la base de la déstructuration des systèmes économiques et sociaux. De ce point de vue, le NEPAD propose plusieurs actions à plusieurs niveaux susceptibles de consolider la paix sur le continent. Il s'agit par exemple de travailler en amont pour prévenir des conflits, de renforcer les institutions régionales existantes, de lutter contre la prolifération des armes.

  • La démocratie et la bonne gouvernance : l'instauration et la consolidation de régimes démocratiques est un gage de réussite pour les pays africains. L'adoption du pluralisme politique, l'organisation d'élections libres et transparentes, la promotion d'une société civile forte et capable, en plus d'une bonne gouvernance politique caractérisé par un cadre politique et administratif débarrassé des lourdeurs bureaucratiques, de la corruption, et organisé suivant des règles transparentes et en adéquation avec des principes de droit, permettront aux Etats de remplir à bien les missions qui leur sont assignées. Pour atteindre cet objectif, le NEPAD propose des réformes institutionnelles qu'il soutiendra. Ces réformes envisagées sont prévues pour également toucher toutes les autres structures régionales et continentales. De plus, il prévoit de proposer aux leaders africains de se mettre d'accord sur des outils d'évaluation qui permettront d'instaurer définitivement la bonne gouvernance dans les structures de l'Etat. Un forum sera crée, qui réunira les leaders qui échangeront leurs expériences sur la bonne gouvernance. Ce " forum constituera également une tribune dans laquelle les pays partageront leurs expériences afin de favoriser la bonne gouvernance et les pratiques démocratiques " (page 19).

  • La gouvernance économique et la gouvernance des entreprises : Pour ce qui est de la gouvernance des entreprises, le NEPAD insiste sur le rôle à accorder au secteur privé qui, dans bien des cas s'il est bien structuré, présente plus d'aptitudes que l'Etat en matière de gestion économique. C'est pour cela qu'il est regrettable que des conditions ne soient pas toujours remplies afin de permettre au secteur privé de jouer pleinement son rôle. L'adoption de réglementations adéquates et le renforcement des capacités des entreprises constituent par conséquent les axes majeurs sur lesquels il convient de mettre l'accent. Pour ce faire, une équipe formée par des représentants des ministères des finances et des banques centrales sera chargée de faire l'état des lieux sur les pratiques de bonne gouvernance économique et de faire des propositions au Comité des Chefs d'Etat chargés de la mise en oeuvre du NEPAD qui à son tour trouvera les ressources nécessaires pour la mise en oeuvre de ces recommandations et définira un programme axé sur la gestion des finances publiques et trouvera des moyens de faire respecter les normes adéquates dans ce domaine. Enfin, les recommandations vont dans le sens de renforcer les groupements économiques régionaux (Afrique de l'Ouest, Afrique du Nord, Afrique Centrale, Afrique de l'Est et Afrique Australe). Cela est pertinent dans la mesure où la structure micro-étatique actuelle des Etats africains ne favorise pas leur décollage économique. L'intégration économique s'impose ainsi, en ce sens qu'elle permet aux Etats de mettre en commun leurs ressources, de diversifier la production et de jeter les bases solides pour la relance des exportations. Cette intégration économique passe par la création d'un cadre institutionnel " en repérant des projets communs qui soient compatibles avec les programmes intégrés de développement nationaux et régionaux et d'harmoniser les politiques et pratiques en matière d'économie et d'investissements " (page 20).

Les priorités sectorielles

D'un point de vue sectoriel, le NEPAD identifie six secteurs prioritaires qui doivent bénéficier du maximum d'attention de la part des dirigeants africains :

Combler l'écart dans le domaine des infrastructures

Ce chapitre fait le point sur le niveau d'équipement du continent et souligne l'importance de mettre en place des infrastructures en nombre suffisant et de qualité en matière de transport et de nouvelles technologies de l'information et de la communication, d'énergie, d'eau et d'assainissement.

Transport et nouvelles technologies de l'information et de la communication

Le secteur des transports, malgré les investissements consentis par les Etats dans la construction de routes, ports et aéroports, n'a pas su jouer son rôle dans l'économie en stimulant le secteur agricole et celui des affaires. Pour inverser cette tendance, il faudra améliorer la circulation entre les Etats grâce à la construction de voies de communication. C'est de cette manière que l'intégration économique voire la création d'un marché commun africain aura son plein sens puisque les échanges pourront être favorisés. Toujours dans ce cadre, l'harmonisation des textes réglementaires et le renforcement des capacités des pays africains dans le but affirmé de faciliter les échanges est à envisager. Le plan note également la nécessité de renforcer le trafic aérien dans la zone Afrique. Pour atteindre des résultats probants, les Etats auront besoin de s'appuyer sur des financements privés nationaux et internationaux. La communauté internationale doit accorder son soutien, puisqu'elle sera amenée à profiter de l'amélioration du niveau infrastructurel. Les autres sources de financement identifiées sont la Banque Africaine de Développement (BAD) qui devra se mobiliser pour trouver des financements grâce à des accords multilatéraux à des conditions avantageuses. Une autre mesure préconisée est relative à l'harmonisation du système douanier et des modes de transport.

Ce chapitre aborde également la problématique des Nouvelles Technologies de l'Information. Elles présentent de nombreux avantages pour nos pays. A titre d'exemples, elles participent à la consolidation de la démocratie citoyenne et à la bonne gouvernance, contribuent à faciliter les échanges d'ordre culturel et commercial entre les nations et les peuples, participent à la redynamisation de secteurs comme l'éducation (recherche, lutte contre l'analphabétisme etc.) et la santé (mise en place de systèmes d'alerte précoce pour la surveillance des grandes pandémies). Les moyens à mettre en œuvre pour y arriver concernent entre autres la mise à disposition d'un service téléphonique accessible (la densité actuelle à ce niveau est de moins de une connections par 100 habitants, le coût moyen de la connexion est de 20 % du PIB par habitant, contre 9 % si l'on se situe à l'échelle internationale et 1 % dans les pays du Nord), l'initiation et la formation des jeunes et des étudiants en particulier à des outils tels l'informatique et la télématique, la mise au point de logiciels tenant compte de nos aspirations culturelles. Egalement à ce niveau, l'Afrique devra se tourner vers la coopération bilatérale et multilatérale (G8, DotForce (Digital Opportunity Task Force http://www.dotforce.org/) etc.)

Dans le domaine de l'énergie

Ce chapitre revient sur l'importance de ce secteur dans le développement durable, identifie les objectifs et les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre.

La disponibilité en énergie est fondamentale dans tout processus de développement, à la fois dans l'épanouissement des ménages et comme moyen de production. Il convient de signaler que l'Afrique dispose d'importantes sources d'énergie (solaire, éolienne, mais aussi des énergies classiques telles le pétrole) mais qui sont mal réparties sur le continent. Les objectifs prioritaires fixés par le NEPAD concernent l'augmentation du taux de couverture énergétique en le faisant passer de 10 à 35 % dans les 20 prochaines années. Pour cela, il faudra baisser les coûts de production, réduire le niveau d'utilisation du bois de feu comme combustible, diversifier les sources d'énergie en s'appuyant sur l'énergie hydro-électrique, sur les énergies nouvelles et renouvelables mais aussi sur les énergies classiques dont le pétrole. Pour ce dernier, les lois et règlements le concernant doivent être réformés et harmonisés.

Dans le domaine de l'eau et de l'assainissement

Parmi les objectifs à atteindre en matière d'eau et d'assainissement, on note une meilleure couverture d'accès à l'eau potable et à l'assainissement, surtout en milieu indigent, la conception d'une bonne politique de planification et de gestion des ressources existantes aussi bien au plan national que sous-régional, la préservation des écosystèmes et de la biodiversité, le changement climatique. Pour traduire tout cela en actes concrets, le NEPAD préconise de s'appuyer sur les études et les travaux déjà menés par des organisations sous-régionales ou régionales ou internationales, à l'image de la SADC (Communauté de Développement de l'Afrique du Sud) qui s'intéresse de près au bassin du Congo et de l'Initiative du Bassin du Nil, de l'Initiative Mondiale pour l'Assainissement et du Programme Habitat des Nations Unies sur la conservation des ressources en eau dans les villes africaines. Parallèlement, il est prévu de mettre sur pied une équipe de travail sur le changement climatique.

Mise en valeur des ressources humaines, (y compris l'inversion de la tendance à la fuite des cerveaux)

Trois axes ont été identifiés, qui vont permettre de promouvoir les ressources humaines sur le continent : la réduction de la pauvreté, l'éducation et la santé.

La réduction de la pauvreté

Pour lutter contre la pauvreté, le NEPAD propose une démarche basée sur la prise en compte du rôle des femmes dans la lutte contre la pauvreté et sur la participation active des personnes les plus concernées, en l'occurrence les pauvres. Il préconise en outre le recours à des initiatives multilatérales, telles celles de la Banque Mondiale et de la stratégie pour la réduction de la pauvreté (PPTE, allègement de la dette pour les pays pauvres très endettés), du FMI, de la Banque Africaine de Développement (BAD). Comme mode de travail, les recommandations vont dans le sens d'encourager les pays à mettre en place des méthodes de suivi pour déceler les impacts des programmes nationaux sur la réduction effective de la pauvreté. De même, il sera constitué un groupe de travail dont le rôle sera d'œuvrer pour l'amélioration du niveau infrastructurel et de la prestation des services sociaux.

L'éducation

L'éducation est considérée ici comme un bien public mondial et par conséquent doit voir la contribution des pays développés dans l'amélioration des taux de scolarisation et la résorption du déficit en infrastructures aussi bien en matière d'écoles d'enseignement secondaires et d'universités spécialisées. Pour atteindre ces objectifs, le plan recommande de se rapprocher de l'UNESCO et des autres bailleurs actifs dans ce domaine. Parallèlement, des normes en matière de dépenses à accorder à ce secteur doivent être instaurées, ce qui permet de mieux exercer des contrôles sur les efforts consentis par les pays.

Inversion de la tendance à la fuite des cerveaux

La fuite des cerveaux hors du continent est un handicap majeur à son épanouissement. Par voie de conséquence, l'objectif majeur est de faire en sorte de mettre toutes les compétences, y inclus celles de la diaspora au service du développement de l'Afrique. Parmi les actions à entreprendre, la création d'une base de données dont l'utilité se justifie au niveau du pouvoir de contrôle sur l'ampleur du phénomène et les moyens d'y remédier. Des outils (création de réseaux) de coopération entre les experts restés au pays et ceux de la diaspora doivent également être valorisés, notamment dans la mise en œuvre du NEPAD.

La santé

Des conditions d'hygiène malsaines ajoutées à un manque d'infrastructures favorisent l'installation des grandes endémies telles le paludisme, le Sida etc… qui hissent l'Afrique au rang de continent le plus touché par la mortalité infantile et celle des femmes en âge de procréer, ce qui a des effets néfastes sur la productivité et la bonne marche de l'économie. Pour améliorer la situation sanitaire, il est d'ores et déjà important d'engager un vaste programme de lutte contre les grandes endémies qui fait une bonne place à la prévention, au renforcement du système de soins de santé et qui stimule la participation des populations locales à la prise en charge de leur propre santé.

L'agriculture

L'agriculture, bien qu'employant la majeure partie de la population surtout rurale, est le parent pauvre des économies nationales. La combinaison de facteurs à la fois physiques (sécheresses durables, inondations et autres catastrophes naturelles) et socio-économiques (politiques agricoles inadaptées, détérioration des termes de l'échange etc.) inhibe le décollage de ce secteur, ce qui du coup accroît la pauvreté de manière globale à l'échelle du continent. Parmi les solutions envisagées, la priorité à accorder à l'irrigation, la desserte des zones rurales grâce à la construction de voies de communication et à l'électrification, l'augmentation des crédits accordés par les bailleurs de fonds au développement de ce secteur. Pour ce dernier cas, les statistiques tendent à montrer que les crédits accordés par la Banque mondiale à l'agriculture sont passés de 39 % en 1978 à seulement 7 % en l'an 2000.

L'environnement

Huit thèmes prioritaires ont été retenus par le NEPAD en matière d'environnement et de gestion des ressources naturelles. Il s'agit :

  • de la lutte contre la désertification : les actions retenues concernent les travaux de restauration des sols dégradés
  • la protection des zones humides
  • la lutte contre les espèces introduites qui menacent l'équilibre des espèces naturelles autochtones et des écosystèmes en général
  • l'aménagement et la gestion des zones côtières et de leurs ressources
  • le changement climatique dont les impacts doivent être étudiés à tous les points de vue. Un programme efficace de lutte contre les feux de brousse doit aussi être mis sur pied
  • la protection transfrontière des ressources utilisant les cadres existants de coopération entre les pays pour une gestion coordonnée et plus saine des ressources, la promotion du tourisme et la création d'emploi
  • la gouvernance écologique : elle renvoie au besoin de mettre en place un cadre de législation et de planification harmonieux en vue de la gestion efficace des ressources
  • le financement qui va permettre l'exécution des projets prévus susmentionnés.

La culture

la prise en compte de la culture dans le processus de développement se manifestera par la valorisation du savoir local. Pour ce faire, la collaboration avec l'organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) sera renforcée. Les travaux scientifiques, les inventions et les découvertes, les œuvres littéraires bénéficieront de la même attention. L'accent doit aussi être mis sur le fait que l'Afrique est le berceau de l'humanité. Par conséquent, la richesse culturelle du continent dans les domaines de l'art, de la littérature et de la philosophie doit être mise en valeur.

La science et la technologie (voir le chapitre sur l'éducation et celui sur les transports et les nouvelles technologies de l'information et de la communication)

La mobilisation des ressources

Les initiatives en matière de mobilisation des ressources sont les suivantes : la concentration du flux des capitaux, la mobilisation des ressources internes et la problématique de la dette.

Initiative en faveur du flux de capitaux

Elle prône la mobilisation des ressources internes, la réduction de la dette, la transformation de l'aide publique au développement et enfin la mobilisation des capitaux privés.

Augmenter la mobilisation des ressources internes

Les sources de financement identifiées sont l'épargne des ménages qui doit être encouragée, à laquelle il faut ajouter des ressources extérieures provenant de l'aide au développement, tandis qu'à long terme, les investissements du secteur privé sont les sources de financement souhaitées. Pour ce dernier cas, il ne peut être réalisé sans qu'au préalable les conditions d'une bonne gouvernance politique et économique soient réalisées. Parmi les acteurs ciblés, figurent les immigrés que l'on doit encourager à investir dans leurs pays d'origine

Réduction de la dette et augmentation de l'aide publique au développement (APD)

Réduire la dette des pays africains et augmenter l'aide publique au développement doivent permettre de disposer de ressources financières additionnelles. L'allègement de la dette se fera grâce à des négociations avec des organismes comme le Club de Paris et l'initiative PPTE. Un forum de discussion sera mis en place qui permettra aux africains d'échanger des expériences, et de s'organiser pour obtenir la réduction de la dette.

En matière d'augmentation de l'aide publique au développement, la stratégie visée est d'arriver à avoir une position commune sur la transformation de l'APD (elle joue un rôle essentiel dans le financement des activités en matière d'éducation et de santé et d'éradication de la pauvreté) et ensuite d'engager des discussions avec des bailleurs tels le Comité d'Aide au Développement (CAD) de l'OCDE. Un groupe de réflexion sur le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté sera mis en place. Il collaborera avec le FMI et la Banque mondiale.

L'accès aux marchés

L'autre point essentiel en matière de mobilisation des ressources concerne l'accès aux marchés. Pour chaque sous-secteur de l'économie, une stratégie bien définie a été pensée et des actions prévues dans ce sens. Ainsi dans le domaine agricole, des efforts seront consentis en vue d'améliorer la gestion des ressources naturelles en général et des ressources en eau en particulier, de promouvoir l'irrigation à grande échelle, et de mettre en place des systèmes précoces d'alerte à la sécheresse. De plus, des actions doivent être entreprises dans le but de faciliter l'accès au crédit pour les plus pauvres surtout. En gros, c'est l'agriculture durable qui est proposée, de sorte que la sécurité alimentaire puisse être assurée et que les exportations soient relancées. Pour cela, les produits africains doivent être amenés à répondre aux normes internationales, pour que les marchés leur soient ouverts. Parallèlement, la recherche dans ce domaine sera soutenue.

Pour ce qui des industries extractives, il s'agira de mettre en place une réglementation appropriée devant permettre des conditions d'exploitation minière efficaces. De même, la formation et la recherche dans ce domaine seront encouragées par la création d'une école africaine des mines.

En matière de tourisme, un partenariat entre les pays pour une meilleure capacité d'échanges d'informations entre les pays, la promotion de produits spécifiques tels l'écotourisme, le tourisme d'aventure et le tourisme culturel, l'amélioration des conditions de sécurité des touristes, etc. sont les éléments de la stratégie définie par le NEPAD.

 
     

 

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