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Colloque
international de Dakar sur le thème "Francophonie et développement
durable : Quels enjeux, quelles priorités pour l’horizon 2012?"
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les Actes du Colloque (pdf
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Document de travail pour la rédaction du rapport
final
Préambule
L’ensemble francophone prend l’initiative
de s’adresser à la Communauté internationale dans le cadre
du Sommet Mondial de l’Environnement et du Développement Durable
de Johannesburg. La Francophonie exerce son droit parce qu’elle est partie
de cette communauté, une partie représentative de par sa
distribution sur les cinq continents. Sa nature culturelle, caractérisée
d’une part par une diversité des origines, des langues et des situations
économiques et d’autre part par son attachement à une langue
commune permettant aux nombreux points de vue de s’exprimer avec des mots
et des concepts communs, l’y autorise aussi. La Francophonie inclut par
ailleurs des nations et communautés parmi les plus menacées
par le mal-développement et tient à porter son message avec
la force que lui permet sa portée mondiale, dans l’espoir d’atteindre
l’idéal du Sommet de Johannesbourg : "Les peuples, la
planète, la prospérité".
Introduction
Du 11 au 13 mars 2002 s’est
tenu, à Dakar, sous le haut parrainage du Président de la
République du Sénégal et sous la présidence
effective du Ministre de la Jeunesse, de l’Environnement et de l’Hygiène
publique, un colloque international sur le thème "Francophonie
et développement durable : Quels enjeux, quelles priorités
pour l’horizon 2012?". Ce colloque a été organisé
par l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie
(IEPF) et en collaboration avec le ministère de la Jeunesse, de
l’Environnement et de l’Hygiène publique du Sénégal
et l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). Il se situe dans le
cadre du Sommet de Johannesburg du 26 août au 4 septembre 2002.
Quarante (40) pays de l’espace
francophone ont été représentés par plus de
120 acteurs du développement durable dont :
- Les représentants des Gouvernements
chargés de suivre le processus préparatoire du Sommet
de Johannesburg et le Sommet lui-même ;
- Les représentants des institutions
internationales et régionales très présentes aujourd’hui
dans ce processus ;
- Les membres de la société
civile et notamment des Universités, du secteur privé,
de la presse et des Organisations Non Gouvernementales, actifs sur les
questions en débat pour le Sommet.
Au cours de ce colloque,
les participants ont pu apprendre, débattre, s’informer mutuellement
à travers neuf ateliers thématiques, desquels ont émergé
idées, pistes de solutions et recommandations. Le présent
rapport constitue non pas une liste de celles-ci, mais un point de départ
pour structurer un dialogue multilatéral sur le développement
durable. Ce dialogue se poursuivra bien au-delà de la rencontre
de Johannesburg pour définir l’agenda de la prochaine décennie.
Déroulement
Les travaux du colloque se
sont déroulés en trois phases :
- Une phase de mise en contexte qui a permis
de rappeler les objectifs du colloque et de le replacer dans le cadre
plus global du processus de préparation du Sommet de Johannesburg.
Trois conférences ont été
données par :
- le Professeur Francesco Di Castri sur
les conditions gagnantes du développement durable ;
- le ministre délégué
au NEPAD Monsieur Abdoul Aziz Sow sur le nouveau partenariat pour
l’Afrique ;
- Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur
Hama Arba Diallo, secrétaire exécutif de la Convention
de lutte contre le désertification sur la synergie des trois
conventions issues de Rio.
- Une phase de production au cours de laquelle
les participants répartis en 9 ateliers ont réfléchi
sur les thèmes suivants :
- Énergie et développement :
quelles options, quels choix?
- L’incontournable question de l’eau
- Éducation et sensibilisation :
clef de voûte de la volonté d’agir
- Biodiversité, socio-diversité :
dialogue des cultures pour un développement durable
- Les transferts de technologie :
renouveler la coopération ?
- L’adaptation aux changements de l’environnement
planétaire : les défis et les moyens?
- Repenser les modes de consommation pour
le mieux-être des générations futures
- L’éradication de la pauvreté :
mission possible?
- Gouvernance mondiale
- Une phase de synthèse et de restitution
au cours de laquelle les participants ont élaboré de façon
concertée les conclusions et recommandations du colloque.
Idées forces
Parmi les idées qui
ont foisonné au cours de ces trois jours :
- La promotion de la dimension culturelle
dans la notion de développement durable dont elle pourrait
être le quatrième pilier au côté du social,
de l’économie et de l’environnement ;
- La participation éclairée
des citoyens et des communautés dans les processus de prise de
décision sur le développement et leur mise en œuvre
;
- La nécessité de se connecter
au réseau mondial de l’information pour avoir accès aux
connaissances et aux moyens de se faire connaître à l’échelle
planétaire ;
- La nécessité du réseautage
à l’échelle locale, régionale et globale pour enrichir
les capacités d’intervention des communautés sur leur
propre développement ;
- La mobilisation des communautés
d’autres langues pour une action concertée sur les questions
de nature globale ;
- L’importance d’interroger les choix des
infrastructures lourdes de développement de manière à
en assurer l’efficacité et la pertinence pendant toute la durée
de leur utilisation, tout en leur conservant une adaptabilité
au changement ;
- L’importance de favoriser le transfert
de technologies de qualité, dirigé vers les petites et
moyennes entreprises en fonction des besoins exprimés ;
- L’importance de la sensibilisation, de
l’éducation et de la formation pour améliorer la capacité
de prise en mains par les communautés locales de leur développement ;
- L’importance de se doter de structures
d’éducation et de formation pertinentes pour favoriser le transfert
de technologie et de savoir faire et favoriser l’émergence de
nouvelles compétences ;
- Le fait que le développement durable
impose la nécessité de remettre en question le paradigme
économique dominant et de favoriser dans certains domaines le
point de vue de l’humanité plutôt que celui de l’individu ;
- La nécessité de disposer
d’outils appropriés et de moyens pertinents notamment financiers
et humains pour permettre des actions durables.
- La nécessité de la coopération
entre la recherche, les institutions publiques, les ONG et le secteur
privé dans des actions qui vont au-delà du projet.
- L’importance du renforcement du droit
international de manière à l’appliquer jusqu’à
la base.
- La nécessité de porter une
attention particulière de la part des pays responsables des changements
climatiques pour faciliter l’adaptation des pays du Sud aux conséquences
de ces changements qui risquent d’y avoir leurs effets les plus dramatiques.
- La nécessité d’une vision
holistique du développement durable, permettant l’exercice plein
et entier de la citoyenneté .
- L’importance des modes de production durable
respectant l’environnement, la pérennité des ressources
naturelles et la diversité culturelle des besoins humains pour
donner aux citoyens du monde des options pour exercer leurs choix donnant
ainsi une valeur politique à la consommation.
- Le devoir pour la Francophonie de produire
et diffuser de nouvelles réflexions, des analyses distinctes
et de développer des idées nouvelles pour influencer l’ordre
du jour des réunions mondiales.
Recommandations
Les participants au colloque
expriment d’une même voix les recommandations suivantes et s’engagent
à favoriser leur mise en en œuvre:
Diversité culturelle
- Promouvoir la dimension pluri-culturelle
dans le concept du développement durable, en valorisant les racines,
le vécu et les aspirations culturelles de la population ;
cette dimension culturelle doit devenir le quatrième pilier du
développement durable.
Accès à
l’information
- Mettre à la disposition des pays
et régions qui sont le moins dotés en cette matière
des infrastructures nécessaires pour avoir accès au réseau
mondial de l’information, aux connaissances et aux moyens de se faire
connaître à l’échelle planétaire au travers
de leurs expériences.
Priorité Afrique
- Les pays les plus vulnérables doivent
établir leurs priorités fondées sur les principes
de développement durable de façon à faciliter l’obtention
d’un financement adéquat. Les conventions internationales sur
la désertification, les changements climatiques et la biodiversité
deviendront alors un moyen efficace d’incitation à la coopération
entre les états.
Consommation
- Initier des débats transparents
et démocratiques sur les modes de production et de consommation
afin que les choix, notamment dans le domaine de l’énergie, favorisent
les modes de production et de consommation durables.
Education
- Permettre par la coopération et
la mise en réseau, à tous les niveaux, l’auto prise en
charge (empowerment) des populations notamment par des démarches
plus participatives, la consultation publique, l’éducation continue,
la reconnaissance et la valorisation des savoirs traditionnels et des
expertises locales.
- S’assurer que les outils de connaissance
et de mise en valeur de la biodiversité et de la socio diversité
génèrent des contenus qui peuvent faire l’objet d’une
éducation à l’environnement et des retombées économiques
pour les populations locales.
Gouvernance
- Mobiliser ses forces pour influencer l’ordre
du jour des réunions internationales, l’identification des problèmes
et la formulation des solutions, par exemple dans le cadre de la gestion
de l’eau.
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