LE
DÉVELOPPEMENT DURABLE ne se produira pas tout seul. Nous devons
mettre fin aux pratiques nocives du passé ainsi qu'a l'impasse
politique qui régit un trop grand nombre de questions environnementales.
Il y a heureusement des nouvelles positives à rapporter. Le public
est mieux informé. La société civile agit. Le secteur privé commence
à tirer profit de la technologie verte. Des partenariats se mettent
en place. Les mécanismes mondiaux de prise de décisions et de
gouvernance sont sur la bonne voie. Nous disposons de ressources
matérielles et humaines nous permettant d'axer nos économies sur
la voie d'un développement plus durable. L'an prochain, à Johannesburg,
au Sommet mondial sur le développement durable, les dirigeants
du monde entier seront en mesure de montrer qu'ils prennent au
.sérieux l'idée d'une gestion avisée. Cette gestion avisée doit
être le fait des pays petits et grands, riches et pauvres. Les
pays plus industrialisés devraient réexaminer leurs modes de consommation
et de production. Et, dans les efforts que nous déployons pour
éliminer la pauvreté, nous devrons repenser la gouvernance démocratique,
le renforcement des institutions et le développement communautaire.
Il faudrait également faire appliquer les engagements internationaux
visant à fournir aux pays en développement le financement et la
technologie dont ils ont besoin. Et il faudrait, dans le cadre
de ces efforts, accorder une place hautement prioritaire à la
promotion de la femme et à l'éducation des filles. Bref, le développement
durable exige que l'on traite de manière égale les trois piliers
de la durabilité: la croissance économique, le développement social
et la protection de l'environnement.
Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies
Kofi Annan
Mars 2001