7. Monsieur Raphael NDIAYE, ENDA, EDDOC, Sénégal

"Un espoir dans le désert "

L’éducation environnementale s’est développée au Sénégal dans un contexte de sécheresse et de désertification exacerbées, mais aussi dans un contexte de prise de conscience des gouvernements, des ONG actives au Sahel et des populations.

En 1986, le ministère de l’éducation nationale du Sénégal et Enda tm organisent en février 1986 à Mbour (localité situé à 82 km de Dakar) le premier séminaire sur " Pédagogie pratique pour l’environnement ". En 1989, L’équipe EDEV (Education environnementale) d’Enda élabore un projet d’éducation environnementale des enfants et des jeunes au Sahel. Sur financement de Danida (Organisation gouvernementale du Danemark) par l’intermédiaire de la Croix-Rouge danoise, ce projet d’une durée de 8 ans (en deux phases) et connu sous le nom de " Un espoir dans le désert " (EDD) est conjointement exécuté au Sénégal par Enda et la Croix-Rouge sénégalaise. Il est aussi développé au Burkina Faso, au Soudan, au Mali.

Sos objectifs sont :

Promouvoir l’éducation environnementale dans les écoles et les villages ainsi que le développement des outils et méthodes didactiques ;
Permettre aux populations rurales de gérer les ressources naturelles de manière durable et en particulier, d’encourager l’autosuffisance alimentaire, de protéger le couvert végétal et de sédentariser les populations rurales dans leur milieu.

Au Sénégal, le projet EDD exécuté dans trois régions comprend deux composantes : la composante formelle développée dans 26 écoles élémentaires de la région de Thiès et la composante non formelle dont les bénéficiaires sont les publics non scolarisés ou déscolarisés de 15 villages sédentaires de la région de Saint-Louis et de 37 campements de nomades et semi-nomades du département de Linguère (Région de Louga).

Avec ce projet, l’équipe EDEV a accompagné et appuyé les populations des localités bénéficiaires dans l’identification des problèmes prioritaires à résoudre, la recherche de solutions durables aux problèmes et l’expérimentation des solutions à travers de mini-projets intégrés de développement (première phase) et de projets intégrés de développement environnemental (PIDE) durant la deuxième phase. C’est dire que la démarche participative a constitué l’un des piliers qui ont fondé le projet EDD.

Les mini-projets et les PIDE qui, en fait sont conçus comme des laboratoires grandeur nature, comprennent divers volets dont l’agroforesterie, l’élevage (bovin, ovin), l’aviculture, la gestion de boîtes à pharmacie ou de jardins de plantes médicinales, des activités socioculturelles (les camaraderies Croix-Rouge, le théâtre environnemental, la collecte de savoirs environnementaux locaux, les écoutes collectives d’enregistrements suivies de discussion, etc…), la gestion au niveau de chaque région d’un CICP (Centre d’Initiation et de Communication polyvalent).

La mise en oeuvre des activités du projet à nécessité la formation de personnels : Inspecteurs de l’enseignement et maîtres d’école pour la composante formelle et animateurs villageois pour la composante non formelle.

Les résultats quantitatifs et surtout qualitatifs (mise au point de démarches méthodologiques pour diverses cibles (nomades, sédentaires) sont appréciables. La transférabilité a été attestée par l’expérimentation de la démarche dans une zone hors projet et dans un contexte environnemental différent. L’application de la méthode a permis à des populations de la région de Fatick de lutter efficacement contre l’avancée des terres salées dans les zones de culture et de récupérer des terres abandonnées depuis plus de 50 ans à des fins de riziculture, de reboisement et de pâturage.