ETUDES DE CAS

6. Monsieur Roland GERARD, Collectif Français pour l’Education à l’Environnement, France

Les résultats du forum Planèt’ERE (novembre 2001)

Historique

Depuis 1996, impulsée par les québécois, une dynamique concernant plus de 60 pays, se développe en langue française sur le thème de l’éducation à l’environnement. Une première étape importante s’est déroulée à Montréal en novembre 1997, 700 participants venant de 34 pays se réunissaient pour échanger entre eux et signifier aux différentes autorités publiques le bien fondé qu’il y a à soutenir cet effort militant. A cette occasion, la délégation française riche de 70 participants prenait l’engagement d’organiser un Planet’ERE 2 en France en 2001. A noter que les québécois ont mis sur pied dès 96 un Comité Consultatif International pour les aider à donner à leur entreprise un réel caractère international.

Au retour du Canada, en France s’est constitué le Collectif Français pour l’Education à l’Environnement. Il est aujourd’hui composé de près de 60 organisations nationales, associations et syndicats, c’est la société civile motivée pour l’éducation à l’environnement qui est mobilisée. Il en est ainsi dans tous les pays concernés par le projet.

Depuis, les régions françaises se sont organisées en CREE (Collectif Régional d’éducation à l’environnement). En 1999, une vingtaine d’entre elles (sur 22) ont organisé leurs premières assises régionales, en vue d’apporter une contribution aux Premières Assises Nationales de début 2000. C’est dans cette dynamique que ce sont crées les CREE.

Des premières Assises Nationales françaises de l’éducation à l’environnement qui ont mobilisé 1 100 personnes durant 3 jours, sont nées -un plan national d’action faisant aussi bien autorité auprès de la société civile que des autorités publiques.

-une forte dynamique nationale en vue de tenir Planet’ERE 2

Planet’ERE 2 en novembre 2001 a réuni plus de 1500 personnes venant de 42 pays d’abord dans une phase de trois jours éclatée entre 11 régions, organisée par les CREE de façon autonome, puis 930 délégués à l’UNESCO pour trois C’est sous le thème " pour un monde solidaire, équitable et responsable, mobilisons-nous pour l’éducation à l’environnement " que ce sont réunis tous ces acteurs.

Les travaux se sont déroulés selon quatre axes :

1. bilan de la mobilisation des différents pays en matière d’éducation à l’environnement
2. examen collectif de ce qu’est l’éducation à l’environnement, comment évolue le concept. Evolution vers la citoyenneté et l’éducation au développement durable
3. stratégie internationale commune aux acteurs francophones, Johannesburg 2002…
4. partenariats internationaux, qu’en est-il des échanges entre acteurs de l’éducation à l’environnement des différents pays ? Comment les développer ?

De Planet’ERE 2 il ressort :

beaucoup de lien entre acteurs de 42 pays différents, la dimension de la fraternité est très présente. De 200 à 300 projets de coopérations ont vu le jour lors de Planet’ERE 2
un appel de la Francophonie pour l’éducation à l’environnement en vue du Sommet de Johannesburg a vu le jour, il est notre point de repère commun
l’idée de partenariat entre Société Civile et autorités politiques a encore fait du chemin
l’idée d’éducation au développement durable s’est précisée
les acteurs dans chaque pays se sont rapprochés les uns des autres. Ils se sont organisés entre eux et constituent une interface pour les correspondants des autres pays
la Société Civile a montré sa capacité à tenir une rencontre internationale importante

Les enseignements qu’on peut retirer de cette dynamique

-Cette dynamique sociale fonctionne sur une double fonction :
1. fonction de
réseau privilégiant l’échange entre acteurs et précisant le geste de l’éducation à l’environnement. Il n’y a pas ici à se mettre d’accord sur un sens trop précis, ce qui compte, c’est l’accueil et le climat pour que chacun puisse s’ouvrir à loisir et progresser
2. fonction de
collectif devant faire le poids et pouvant entrer dans le rapport de force pour faire reconnaître le bien fondé de développer l’éducation à l’environnement partout sur la planète. Ici, il faut s’entendre quant au sens sur des points précis

Nous devrons examiner les points suivants :
-
une très forte motivation des acteurs pour faire de l’échange de territoire à territoire sans forcément attendre après les Etats
-une capacité à travailler en partenariat de façon constructive – Etat et Société Civile
-création de collectifs représentatifs et légitimes aux yeux des pouvoirs publics et des acteurs à tous les échelons de territoire -réappropriation du fait éducatif par les habitants des territoires. L’éducatif se rapproche de la réalité du territoire (ex : éducation au tri des déchets qui implique l’intervention des communes)
-cohérence d’action sur le sens et entre les territoires
-dynamique partagée pour beaucoup d’acteurs évoluant dans des sphères très différentes, fonctionnement dans la complexité -engagement de tous dans le geste et la parole, pas de clivage entre le technicien et le politique
-considération de l’ACTION au premier chef -le français est une langue adaptée pour travailler sur le développement durable