Quelques
exemples de résultats
Après seulement quelques années de fonctionnement, les 3 Centres peuvent déjà déterminer les rendements réels que l'on peut attendre sur place des différentes technologies naturelles traditionnelles (lagunages, lits à roseaux, marais artificiels, épandages souterrains et autres filtres à sable, …) dans le contexte macro–climatique et socio–économique régional, tout en caractérisant aussi leurs qualités et leurs défauts respectifs, notamment en ce qui concerne les contraintes de leur exploitation.
De plus,
chacun des Centres a aussi mis au point deux, voire plusieurs, filières
d'épuration nouvelles optimisées dans le contexte local : ce sont
les premières filières MHEA® adaptées.

Le Centre Expérimental M.H.E.A.® de M'Diq (Tétouan – Maroc)

La présentation de ces nouvelles conceptions technologiques naturelles est en voie d'élaboration pour le moment de manière à ce qu'elles apparaissent sous une forme techniquement, juridiquement et économiquement conforme aux attentes des entreprises, des bureaux d'études et des maîtres d'ouvrage concernés.
Même si ce processus garantit ainsi une compétence locale complète en matière de technologies d'épuration naturelles adaptées, l'intérêt de ces Centres est encore plus marqué lorsqu'ils fonctionnent en réseau scientifique international. Nous le montrons ci–dessous par quelques exemples très simples.
Les deux figures ci–dessous présentent l'efficacité de l'épuration secondaire par une même filière naturelle reconstituée, au Sénégal, au Maroc et en Belgique. Les résultats sont exprimés en concentrations (graphique 1) et en taux de rétention (graphique 2) de la DCOnf (matières organiques totales).
Graphique 1

Graphique 2
Exprimés en concentrations, les résultats du graphique 1 montrent la conformité pour la Belgique par rapport aux normes européennes. Ce n'est pas le cas pour le Maroc ou pour le Sénégal sur cette même base de références, choisie à seul titre d'exemple. Par ailleurs, il apparaît nettement que les eaux usées brutes sont très différentes selon le pays concerné (contextes climatiques et socio–économiques différents).
Exprimés en rendements épuratoires, les résultats du graphique 2, pour les mêmes normes européennes choisies, montrent la conformité pour le Sénégal, une conformité pendant 6 mois pour la Belgique, une non conformité pour le Maroc.
Au total, sur l'exemple des contraintes européennes, la Belgique et le Sénégal peuvent, pour ce paramètre, utiliser cette filière; elle est, par contre, sans intérêt pour le Maroc.
Les résultats sont exprimés en concentrations (graphique 3) et en taux de rétention (graphique 4) de l'azote total contenu dans les eaux usées brutes et traitées.

Graphique 3
Exprimés en concentrations, les résultats montrent la conformité pour la Belgique et pour le Maroc, mais pas du tout pour le Sénégal.

Graphique 4
Exprimés en rendements épuratoires, les résultats montrent la conformité pour les 3 pays.
Au total, selon les contraintes européennes prises à titre d'exemple, les 3 pays pourraient utiliser ces filières en toute sécurité.

Graphique 5
Le graphique 5 montre de grandes différences de charge entre les 3 pays. D'autre part, ces filières sont parfaitement conformes à tous niveaux au Maroc et en Belgique. Par contre, au Sénégal, si la filière est satisfaisante pour la baignade, elle est insuffisante pour l'irrigation : pour la sécurité, il manque un ordre de grandeur d'abattement.
Le graphique 6 présente, sur une base d'échantillonnages intensifs durant 12 mois consécutifs et sous des conditions expérimentales locales identiques dans chacun des 3 centres MHEA®, le rendement épuratoire moyen du lagunage à microphytes traditionnel et d'une filière MHEA® pour les principaux paramètres de pollution des eaux.

Graphique 6
Les conclusions qui découlent de ce graphique sont de la plus évidente simplicité. En effet, quel que soit le contexte climatique et socio–économique envisagé dans les 3 pays, quel que soit le paramètre de pollution concerné, il apparaît que le lagunage à microphytes traditionnel peut toujours être largement dépassé par d'autres technologies naturelles lorsqu'il se trouve dans des conditions d'espace et de fonctionnement rigoureusement identiques.
Conclusion
Le processus méthodologique
et technologique MHEA®, mis en œuvre actuellement dans ces
3 Centres répartis dans des contextes climatiques et socio–économiques
très différenciés, a permis la constitution de 3 bases
de données régionales et d'une base internationale de données
parfaitement standardisées. De plus, son développement s'est concrétisé
par l'émergence rapide des premiers éléments de conception
de plusieurs filières MHEA® spécifiques et adaptées
à ces divers contextes.
En effet, grâce à l'expérience acquise dans ce domaine par la Station Expérimentale de Viville depuis 25 ans, la collaboration étroite entre centres permet localement d'accélérer considérablement le rendement des diverses actions du processus MHEA® de sorte que les premières filières MHEA® optimisées et adaptées aux principaux contextes régionaux Nord et Ouest africains sont déjà conceptualisables.
Remerciements
Ces travaux, très sommairement synthétisés ici par quelques exemples simples, n'auraient pas été possibles sans le soutien constant du Ministère de la Région Wallonne de Belgique qui a financé ces 3 Centres :
Nous tenons également à remercier les équipes sénégalaises et marocaines qui, par le suivi quotidien et rigoureux des protocoles expérimentaux, ont permis la constitution des premiers éléments de cette banque internationale de données sur l'ensemble des technologies naturelles d'épuration des eaux.
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