Colloque
International Francophonie et Développement Durable :
Quels
enjeux, quelles priorités pour l’horizon 2012 ?
Atelier
3 :
Éducation
et sensibilisation : Clef de voûte de la volonté d’agir
COMPTE-RENDU
Le 11 mars 2002 s’est tenu
au Novotel – Dakar (Salle Portudal 1), l’atelier 3 (parmi 9) sur le sujet " Éducation
et sensibilisation : Clef de voûte de la volonté d’agir
". Christian DE LAET,
La question ici était
de poser la problématique Éducation et sensibilisation dans
l’optique d'un développement durable. Ces deux aspects sont-ils la
clef de voûte du dénouement de la situation actuelle, ou bien
une fondation essentielle? Une volonté d’agir existe-t-elle?
Si oui, elle devrait, semble-t-il, s'exercer à tous les niveaux de nos
sociétés.
I - PREAMBULE
L’atelier s'est ouvert sur
une présentation de chaque participant, suivi aussitôt d'une mise
en situation rapide de l’animateur. De ceci, il est ressorti plusieurs observations :
- Il est nécessaire
d’intégrer la notion de l’éducation, peu importe la manière
(formelle, informelle, sur le tas ou continue), dans le contexte de développement
durable.
- De plus, l’éducation
et la sensibilisation sont interdépendants : il ne peut y avoir
d’éducation sans sensibilisation et il ne peut non plus y avoir de
sensibilisation sans éducation. Cependant cette éducation à
l’environnement doit se faire dans le respect de la nature, car elle fait
partie intégrante de notre vie. Si nous parlons 'vie', nous devons
accepter l'importance primordiale de l’eau; c'est un minéral impliqué
dans chaque parcelle du vivant. Car sans eau la vie est impossible.
- De ce constat, se dégage
que " l’Homme n’a plus le loisir de conquérir et détruire
ni la nature, ni l’un l’autre ". La question qui se pose est celle
de savoir s’Il est réellement disposé à changer son train
de vie, son comportement, ses habitudes ? En d’autres termes, existe-t-il
une volonté d’agir ?
L’éducation ne peut
être fertile que si elle est réalisée initialement dans
un contexte de regroupement, d’association des communautés proches à
la chose environnementale. Car les communautés locales, qui sont les
meilleurs défenseurs de leurs environnements, sont celles qui peuvent
assurer des équilibres stables qui impliquent une capacité à
intervenir efficacement et rapidement dans la lutte commune. Par conséquent,
il est important d’insister sur la logique générale selon laquelle
un développement ne peut être durable pour l’humanité que
si les réalités locales y contribuent effectivement.
C’est dans cette optique
que l’implication de la francophonie dans une société de développement
durable devient intéressante. Car, d`une part sa structuration d’origine
est riche: elle a un atout qui la distingue des autres langues à incidence
plutôt commerciale et qui, par conséquent, incite à les
utiliser pour se faire connaître à l’étranger. Nous devons
aller à la rencontre des collectivités locales, et à travers
la langue, introduire une dynamique d’éducation à l’environnement.
Aussi, pour une francophonie
dynamique, les méfiances culturelles devraient laisser la place à
la recherche des liens historiques à nouer pour partager une lutte commune.
Elle doit se créer des alliances avec des aires linguistiques autres,
et développer des partenariats internationaux entre les acteurs de l’éducation
à l’environnement des différents pays et systèmes.
II - ETUDES DE CAS
Les études de cas
qui ont suivi ont été présentés respectivement par
Messieurs Roland GERARD et Raphaël NDIAYE, respectivement
Membre du collectif Français pour l`éducation à l`environnement
et Représentant de ENDA, EDDOC, au Sénégal.
- Première
étude de cas : les résultats du forum Planet`Ere de Novembre
2001 : par Roland GERARD
De cette conférence,
il ressort des constats auxquels les participants de l`atelier ont souscrit avec
une certaine précision : 1) Des constats décevants, notamment
que :
- La plupart des problèmes
d’environnement, n’ont pas trouvé la voie de la résolution depuis
Rio ;
- Les résolutions
des grandes conférences internationales n’ont malheureusement pas été
suivies par les actes ;
- Le soutien politique
à l’éducation à l’environnement n’est malheureusement
pas effectif ;
- Les moyens financiers
alloués pour l’éducation à l’environnement restent insignifiants.
2) Des constats encourageants,
précisément que :
- Les expériences
éducatives à l’environnement les plus dynamiques sont surtout
celles qui reposent sur des partenariats impliquant à la fois la société
civile et les autorités publiques ;
- Des territoires s’organisent
pour définir les plans de développement de l’éducation
à l’environnement associant société civile et autorités
publiques;
- À partir d’initiatives
de la société civile et d’ONG, des actions éducatives
positives pour l’environnement ont pu se développer ;
3) Des propositions,
en l’occurrence
- De généraliser
une éducation à l’environnement pour tous et à tous les
âges, en y mettant des moyens appropriés, en prenant compte des
aspects socio-économiques, en créant des liens positifs entre
des personnes et en faisant des principaux acteurs des entités responsables.
Par conséquent
Planet’Ere 2 demande
- A la Francophonie
de prendre acte des résolutions de ses travaux et de faire de l’éducation
une priorité dans le programme international de travail qui sera décidé
à Johannesburg ;
- A ce que l’éducation
à l’environnement ait une composante citoyenne majeure, c’est-à-dire
que chacun doit être concerné par la chose environnementale et
en faire une priorité.
- Deuxième
étude de cas : Un exemple pratique de projet de développement
durable au Sénégal dénommée 'Un espoir dans le
désert" : par Raphaël NDIAYE
Les principaux objectifs de
cette étude de cas étaient
- Promouvoir l’éducation
environnementale dans les écoles et les villages, ainsi que le développement
des outils et méthodes didactiques ;
- Permettre aux populations
rurales de gérer les ressources naturelles de manière durable
et en particulier, et surtout encourager les moyens de subsistance durable;
- L`engagement des autorités
publiques à protéger impérativement ces initiatives.
Les résultats de
la mise en œuvre de ce projet, qui a nécessité la formation de
personnels, sont encourageantes et appréciables, tant sur le
plan qualitatif que qualitatif.
III - CONCLUSION
A la suite de l’intervention
de ces deux derniers exposants, parole a été donnée à
l’assemblée pour poser leurs questions éventuelles ou apporter
des contributions complémentaires à ce qui a été
préalablement dit. Nous pouvons retenir principalement que pour réussir
dans l’éducation à l’environnement il faut :
- Se doter d’outils
et de moyens pour mettre en œuvre ce processus de sensibilisation au 'local",
afin d’atteindre ses objectifs ;
- Les personnes qui
la mettent en œuvre doivent impérativement s’organiser pour la développer
- 1) en réseau,
se mettre en relation pour poursuivre le même objectif , créer
une ambiance d’échange, de convivialité pour mieux partager,
notamment grâce à l`Internet ;
- 2) en collectif,
aller à la rencontre des autorités politiques, économiques
et autres pour leur faire part de l’intérêt poursuivi, en
introduisant des recueils de mise en valeur des cultures traditionnelles
propres et expériences locales ;
- L’accent doit être
mis sur l ‘information des populations des risques encourus de part et
d’autres, lorsqu’on n`est pas sensibilisé sur les dangers dus aux négligences
observées dans son environnement proche.
Voilà
chers participants, en résumé, sauf omission de notre part, ce
qu’il fallait retenir de nos travaux.
Je vous
remercie de votre bienveillante attention.
Vous trouverez
ci en annexe des documents qui retracent:
- Les idées-forces
- Les recommandations
- Les mots-clés,
et donc une sorte de Lexique qui se rapportent au Concept " Développement
Durable ". (La liste est non exhaustive).
Recommandations :
- L’éducation à
l’environnement et au développement durable doit systématiquement
être intégré aux programmes scolaires des pays de la francophonie ;
- Une diversité
de projets d’éducations et de sensibilisation à l’environnement
durable doivent être réalisés, afin de modifier les comportements
dans toutes les strates de la population : communautés locales
urbaines et rurales, entreprises, gouvernements, médias…
- La francophonie doit
se créer des alliances linguistiques et culturelles ;
- Elle doit créer
des ponts et des passerelles avec les " autres " ;
- Il faut développer
des partenariats effectifs de tous genres notamment entre la société
civile et l’Etat, et entre les différents acteurs de la vie socioeconomiques ;
- On doit faire des Sociétés
civiles des exécutants responsables et participatifs
Atelier 3 :
Education et sensibilisation : Clef de voûte de la volonté d’agir
Animateur : Christian
de Laet
Secrétaire :
Zita Laure TCHAHA,
Recommandations
- L’éducation à
l’environnement et au développement durable doit :
- SYSTEMATIQUEMENT être
intégré, probablement et en priorité, en TRANSVERSALE
dans toutes les strates de la population notamment :
- Dans les programmes
scolaires ;
- Ainsi que dans les
communautés locales urbaines et rurales, entreprises, gouvernements,
médias, organisations humanitaires et autres…
- La francophonie doit
DEVELOPPER DES ALLIANCES LINGUISTIQUES ET CULTURELLES en créant
des PONTS ET DES PASSERELLES, ainsi que les moyens adéquats pour
financer les initiatives locales ;
Il faut DEVELOPPER
DES PARTENARIATS EFFECTIFS DE TOUS GENRES notamment entre la société
civile et l’Etat, et entre les différents acteurs de la vie socioeconomiques et
faire de ces différents acteurs DES EXECUTANTS RESPONSABLES ET PARTICIPATIFS.